mercredi 11 mars 2009

Le Mont, une suite sans fin...

Premières traces...

Si le séjour au Mont appartient déjà au passé, il vibre plus que jamais entre les murs de notre classe. Le Mont et sa baie sont devenus l'objet d'une nouvelle attention, plus littéraire, une façon d'entretenir "l'état de poésie" cher au coeur de notre professeur de français...

L'atelier d'écriture est donc ouvert !

Il a démarré avec des essais de description de la baie, essais qui s'appuient sur les notes, les photographies prises sur place, la mémoire que chacun conserve de ce voyage, autant de traces singulières qu'il appartient à chacun de sublimer.

Et pour stimuler un peu mieux notre inspiration, nous méritions de confronter notre imaginaire à celui des grands maîtres : quelques extraits de Flaubert, Maupassant, Hugo ou Michelet... une étude un peu salée pour des cinquièmes ? Alors quoi, on aurait foulé le sol de l'Archange pour se laisser impressionner par quelques pages de littérature ! Ah non ! Nous voilà partis à l'assaut de descriptions on ne peut plus élaborées. Entre les lignes, c'est un peu comme sur la grève, on risque à chaque pas de s'enliser. Où commence la phrase ? Est-ce qu'elle a une fin ? Mais tout le monde sait parfaitement de quoi ça parle, puisque, comme Flaubert, chacun a pu voir cet "horizon vide qui se prolonge, s'étale, et finit par fondre ses terrains crayeux dans la couleur jaune de la plage...", comme Hugo, on a pu admirer "les nuages, l'air, la liberté, les oiseaux envolés à toutes ailes, les vaisseaux à toutes voiles...", comme Maupassant, nous avons "gravi la rue étroite et rapide", nous sommes entrés "dans ce gigantesque bijou de granit, aussi léger qu'une dentelle, couvert de tours, de sveltes clochetons, où montent des escaliers tordus..."...

Sans doute, nous étions riches de toutes ces impressions... Alors que nous manque-t-il aujourd'hui, si ce n'est "un peu" plus de mots, une certaine manière d'agencer les phrases, histoire de dire à notre tour tout ce qui a été vécu. Evidemment, il n'est pas question d'imiter servilement les vieux modèles, aussi géniaux soient-ils ! Si nous sommes partis là-bas, c'est aussi pour goûter un certain vent de liberté nouvelle... Mais les anciens peuvent parfois servir de guide... Avec eux, on apprend à pêcher au fil des textes ici quelques images, là le mot qui nous sera d'autant plus cher qu'il dit précisément ce que nous ressentons...

Voilà pour ce qui est du travail...

Et pour ce qui concerne les traces immédiates, certaines, images ou textes méritaient vraiment d'être mis en ligne sans tarder. les élèves se sont promenés carnets de notes ou appareils photos en main, et j'avoue que certaines productions m'ont impressionnée.

Les photos viendront très prochainement illustrer ces propos. En attendant, voici quelques extraits de notes prises sur le vif.

"Sur les remparts... Vert, châtain, dégradé de marron et d'ocre, couleurs d'automne et de calme. Ce sont les couleurs des collines au loin. De haut, je vois les rues étroites et grouillantes du Mont. Je vois la Merveille, et Tombelaine qui émerge au loin. C'est carrément magique ! Il y a beaucoup de marches. Il pleut. Le sol est glissant. Il fait sombre à l'intérieur de l'abbaye. Grande cheminée, porte en bois, voûte en croisée d'ogive. En sortant je passe sous une arche. Au sommet, on voit très loin, là où l'horizon se mêle au brouillard cotonneux. Dans l'église, c'est immense, haut, large. Il y a de la pierre partout. Le moindre murmure résonne énormément. Très lumineux. Choeur gothique. Nef romane. Plus loin, un jardin très beau, vert, gris, joyeux, mouillé par la rosée. Des colonnes par centaine tout autour. Sous les porches, des sculptures entre les piliers. Le réfectoire : des centaines de fenêtres de chaque côté, une salle immense, des tables. Sombre dans les escaliers, que de pierre, de bois ! Dans la salle des hôtes, pareil, l'immense cheminée. Le bruit du vent."

ALexandre Cochard, 5B

Lily, qui est en France depuis deux ans, a choisi de faire parler un personnage fictif.

"Le Mont Saint-Michel est magnifique. Ca me fait peur parce que c'est très grand. Quand j'ai vu le Mont, j'ai tremblé à cause de sa puissance. Je suis pauvre par rapport à ce Mont. Aussi le Mont est devenu un lieu chic, avec des restaurants (La mère Poulard). Quand la marée monte, le parking est complètement immergé. C'est assez triste car le Mont est devenu un lieu touristique, pas assez religieux (...) En haut du Mont est l'archange Saint-Michel. Il est comme le protecteur du Mont et de Tombelaine... Je sens que ce Mont est mystérieux, qu'il est plein d'histoires dont on n'a pas encore idée. Beaucoup de monde vient ici pour visiter le Mont. Moi, je viens pour l'adorer. Il représente les temps difficiles et parlent de ceux qui ont su traverser les épreuves de l'histoire..."

Lily Cassidy, 5B

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